Chère toi,.Modèle : Laurie.

Chère toi,.Modèle : Laurie.
Elle ne sourit jamais. Elle ne pleure jamais. Elle est indifférente.
Aucuns sentiments, aucunes émotions. Le néant total. L'absence absolue.
Elle ressemble à un mur de pierre, impossible à comprendre. A démasquer.
Elle ne se connait pas elle-même. Cela fait tellement longtemps qu'elle ne vit plus. Elle n'a nullement la force ni la patience de se demander à elle-même depuis combien de temps elle respire sans savourer les saveurs de la vie. Le temps qui aurait dû s'arrêter, ce jour là. Le temps qui l'a tué.
Il lui a demandé d'oublier. Mais, comment peut-elle effacer de sa mémoire irréelle les seules traces de bonheur, clefs de sa survie?
Il lui a tellement demandé.
Elle est seule. Isolée.
On ne se rappelait même pas son propre prénom. Comme transparente. Telle une ombre. Une simple planitude de souvenirs enfouis.
Le soir, dans son lit abandonné, elle repense à certains instants. Certains oublis.
Toutes les nuits, lorsque la lune surplombe le ciel bleu coléreux, elle reste assise dans son lit troué par la vague du temps, des rivières coulant le long de ses joues.
Personne ne le sait. Personne ne se doute. Personne ne l'aperçoit. Invisible.
Elle ressemble à un mur de glace, prêt à se fissurer à n'importe quel moment.
Elle ne se connait pas elle-même. Elle ne sait pas d'où lui vient cette force de se lever lourdement aux aurores pour affronter l'indifférence. Elle efface les traces des souvenirs, chaque jour, pour que l'oubli refasse surface durant ses insomnies.
Elle ne sourit jamais. La comédienne.

# Posté le mardi 24 novembre 2009 16:51

Modifié le mardi 24 novembre 2009 17:06

A bout de souffle, le temps d'un automne..Modèle : Laurie.


Tu étais assise près de la cheminée, seule, insouciante. Je t'observe discrètement, mais toi, tu ne me vois pas. Je voudrais rester là, à te regarder pendant des heures, omnibulée par la sagesse de tes doigts caressant le feu doux. Pourtant, mon désir de te rejoindre prend le dessus, tu es si belle. Je m'approche, et tu me souris. Une mèche de tes cheveux blonds rougis par les flammes m'envoûte d'un frisson. Le crépitement des flammes endolories parcours mon corps d'une sensation de bien-être, pendant que ton chamallow commence à se liquéfier. Tu ris, puisqu'il n'est plus comestible, maintenant. Tu pose la broche à côté de toi, tu n'as même pas faim. Durant le même geste, tu attrape ton paquet de Gauloises blondes et m'en tend une. Je sors mes allumettes, et, la distance entre nos deux êtres anéantis diminue petit à petit, pendant que j'enflamme ta cigarette. Tu prends une première bouffée, et je t'observe délicatement. Le bonheur. Le bonheur à l'état pur. Des cigarettes, un feu de cheminée, des chamallows, et puis Toi.
Le passé me surprend à la gorge, m'énumérant tous nos rires, notre complicité cachée et notre bonheur secret. Je te regarde, là, sur ton coin de cheminée, genoux pliés, clope à la main et bouche entre ouverte. Je te regarde et je comprends qu'il est possible d'aimer quelqu'un plus que sa propre vie.
Le tabac de ta cigarette se fait de plus en plus absent. Écrasant celle-ci, tu emporte avec toi toute ma nostalgie.



Pourquoi faut-il se quitter, alors qu'on s'est aimés ?
Mais dans mon c½ur où tu étais, tu restes à tout jamais.
A bout de souffle, le temps d'un automne..Modèle : Laurie.

# Posté le vendredi 20 novembre 2009 14:17

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 13:48

L'art n'en fini pas de mourir.

L'art n'en fini pas de mourir.
Avant, elle avait une vie. Avant.

Elle errait dans les méandres de ses pensées. Le temps l'accablait. Elle aurait voulu que celui-ci s'arrête cette nuit là, pour ne plus jamais redémarrer sa cadance terrifiante et angoissante que représente la vie.
Elle a beaucoup trop de mal à se lever de son canapé hors d'usage. Elle habite dans une minuscule caravane où les bières s'empilent sur le sol jonché de choses mortes, de nourritures périmées et de médicaments abandonnés.
Elle est fatiguée. Elle n'arrive plus à dormir, le sommeil est perdant. Elle se lève et commence sa journée avec une vodka tonic. Il est 6h30 du matin. Sa carcasse la pèse, elle est désemparée. Désespérée. Elle ne vit que pour retrouver ces putains de médicaments chaque jour. Elle est déjà en train de chercher sa seringue. Pressée, elle se plante ce qui lui sert de survie dans le bras immaculé de cicatrices. Elle est si fatiguée.
Son esprit la torture, et elle repense à certaines choses. A certains moments. Les plus beaux instants de sa lamentable vie, à présent.
Elle était belle ce soir là. Elle resplendissait, dans sa robe beaucoup trop chère. Elle avait du y mettre 4 mois de salaire. Qu'importe. Tout se jouer cette nuit là. Cette nuit étoilée. Elle était bleue. D'un bleu éclatant. Envoûtant. Les hommes la regardaient à son passage, et elle souriait. Elle était heureuse.
Au pied de l'escalier d'un blanc parfait, elle l'attendait. C'était un peu comme son prince charmant. Elle adorait rêver. Elle adorait se bercer d'illusions. Elle patientait, patientait, encore et encore. Elle jetait des coups d'oeil un peu partout. A droite, à gauche. Sa robe était assez percevable pourtant. Elle regardait sa montre. Trois quart d'heure de retard. Et tous les autres invités qui défilaient devant elle. Toutes ces superbes filles, au bras d'un homme qui ne la regardait même plus.
Il est 9h30 du matin et elle en est déjà à sa quatrième vodka tonic de la journée.
Elle l'attend toujours, mais les contes de fées sont anéantis de son esprit perdu et accablé.

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 17:22

De toute façon, je n'aime ni la choucroute, ni les petits Lu. Tant pis. Ce n'est pas si grave, après tout. Pas si grave.

Cher toi,

Tu me manques un peu trop à mon goût. C'est constant. C'est atroce, démoniaque. Je m'ennuie de toi. Tout a changé, tout est nouveau. Les feuilles mortes de l'automne ne déversent plus leur vie avec autant de souplesse, le vent fouettant mes cheveux n'est plus aussi léger, les brindilles d'herbe ont perdu de leur éclat, les coquelicots ne me parfument plus avec autant de délicatesse, les rivières sont plus en colère qu'autrefois, le chant des oiseaux s'envole vers des cris lointains, la puissance des vagues ressemblent un peu à la force de mes sanglots. C'est un peu triste sans toi, tu sais.


L'amour dure 3 ans.
De toute façon, je n'aime ni la choucroute, ni les petits Lu. Tant pis. Ce n'est pas si grave, après tout. Pas si grave.

# Posté le dimanche 15 novembre 2009 17:09