J'étais là, assise sur le rebord d'un trottoir, à l'intérieur d'une rue dont je ne connaissais même pas le nom. Paris est trop vaste, Paris es trop beau. Je m'étais perdue. J'avais voulu me perdre. Je l'avais désiré. Tout quitter. Tout laisser, là-bas. Très loin. Si loin. Paris est beaucoup trop grand. Tout abandonner, et toi. Et toi, là-bas.
J'étais assise sur ce putain de rebord de trottoir et je ne savais même plus comment on s'arrêtait de pleurer.
J'étais perdue. Oui, j'étais moi-même perdue, à l'intérieur. J'avais décidé de me perdre, toute entière.
Tu avais tout emporté.
J'entends des bruits de pas se rapprochant lentement de mon âme déjà trop lointaine.
Laissez-moi. Enfuyez-vous. Partez. Courez. Je suis si fatiguée. Si lasse. Laissez-moi pourrir sur tout ce qu'il me reste à présent : ce putain de rebord de trottoir.
- Que faites-vous ici ? me demande t-il d'une voix grave.
Il est beaucoup trop grand, et mes larmes m'empêchent d'apercevoir les traits de son visage. Et puis, je n'ai même plus la force de lever ma tête. Ma tête si lourde compressée par de sinistres pensées. Même plus le courage.
- J'attends.
- Qui êtes-vous ?
- Je ne le sais pas moi-même.
- Vous avez bien un nom ?
- C'est tout ce que je peux avoir un nom. C'est tout ce qu'il me reste. Kimberly.
- Et bien, il ne faut pas attendre quelque chose qui ne viendra pas, Kimberly. Lève-toi, veux-tu. Arrête d'espérer. Recommence. Deviens quelqu'un. Deviens qui tu veux être. Aies confiance en toi. Secoue-toi, jeune fille. Envole-toi, et cours vers l'aventure de ta jeunesse.
Les mots magiques. Oublier.
Après tout, la vie n'est qu'une grande partie de jeu. Échec et mat.